Déjà disponible sur PC sous la simple appellation Slain depuis quelques mois, la production de Wolfbrew Games, éditée par Digerati Distribution & Marketing, est revenue de l’autre monde, celui des jeux déjà sortis, dans une version améliorée nommée Slain: Back from Hell. Arrivée tout d’abord sur PC aussi, la voici désormais sur PS4 (console servant à notre critique), en attendant son passage sur Xbox One & PlayStation Vita.
Hellcome
Bien que Bathoryn ait trépassé, celui-ci sera tiré à contrecœur de ce qui était censé s’avérer comme son repos éternel. Vous incarnez désormais ce personnage qui n’était déjà plus très jeune, se trouvant ainsi totalement opposé aux personnages principaux se ressemblant tous dans la majeure partie des cas & que l’on nous inflige. Ceci dans le but de venir à bout du terrible Lord Vroll & de toute sa clique hantant le monde de Slain: Back from Hell. Notre héros malgré lui aura pour cela besoin de libérer six royaumes maudits de six souverains disparus, en parcourant un univers gothique peu accueillant, où il s’agira de combattre, mais également de résoudre des puzzles.
Caslainvania
Au moins ce qu’il y a de bien avec Slain: Back from Hell, c’est que ses créateurs sont honnêtes. Là où on a l’habitude que les studios en pompent d’autres de manière honteuse, voire parfois scandant « c’est un hommage » alors qu’il s’agit de vol, ici on nous annonce directement que l’influence n’est rien de moins que Castlevania. Sincèrement, cela se ressent sans aucun mal. Il suffit d’en regarder quelques images pour le constater, tant au niveau du gameplay, que dans l’ambiance retranscrite.
Comme pour son illustre ainé, on découvre la possibilité d’évoluer aussi bien en défilement horizontal, que vertical. Cependant, sa spécificité est de diviser chacun de ses niveaux en deux parties. La première où il faudra venir à bout de quantité d’opposants tous plus vilains, puissants & agressifs les uns que les autres, à commencer par le squelette en guise de menu fretin, comme chez la famille Belmont, & avec des semis boss en guise de plats de résistance. Le tout en scrolling de gauche à droite & vice versa.
La seconde partie vous fera elle passer vers un chemin allant de haut en bas & inversement, mettant les batailles légèrement en marge de celle-ci. La place se retrouve alors laissée aux énigmes & à un système de jeu privilégiant la plateforme, sans omettre les pièges jonchant votre parcours. Le tout pour au final se retrouver nez-à-nez avec un colossal boss prêt à vous en faire baver & dont il s’agira de trouver la faiblesse afin de le vaincre bien sûr, pour accéder au stage suivant.
Afin d’accomplir votre objectif, vous disposerez de trois armes de base : une épée, une lame enflammée & une hache faite de glace. Ces compagnons d’infortune ne seront pas vos seuls atouts, puisque vous serez également capable de lancer des sorts & pourrez vous servir de ruses. De nombreuses variantes très différentes existent au sein de vos particularités & cela s’avèrera d’une part sympathique de tout tenter, mais surtout d’autre part il sera indispensable d’analyser l’opposition. Cette dernière regorgeant de méchants ultra variés, avec pour chacun un point faible qu’il faudra exploiter au mieux afin de s’en débarrer le plus rapidement possible.
When I feel heavy metal
Au-delà de tout ce qui concerne le côté jouabilité & le game system, Slain: Back from Hell bénéficie d’un atout indéniable, d’ailleurs grandement mis en avant par ses développeurs & son éditeur : sa bande-originale ! Si l’on peut déjà vous affirmer qu’elle s’avère de grande qualité, elle pourra également trancher le public (tel notre héros tranchant ses ennemis) de par sa nature. On se doit d’ajouter malheureusement, car si elle peut ne pas vous plaire, cela ne sert à rien pour autant de dire que c’est mauvais, alors que vous n’avez juste pas des oreilles de suffisamment bonne qualité afin de définir ce qui est bon ou non, peu importe le genre. Maintenant que cela est clair, nous pouvons indiquer que l’univers plaira assurément à tout adepte de heavy metal, metal mélodique, hard rock, metal progressif ou encore d’ambiances sombres peu importe le courant metal, mais il s’agira d’un plus si vous appréciez les solis.
Les musiques ayant été composées & enregistrées par Curt Victor Bryant (ancien du groupe Celtic Frost), cela démontre bien toute l’intention de délivrer une atmosphère sonore au top & véritablement musicale si l’on peut le dire ainsi, plutôt que de former une ambiance standard, avec un bon artisan du son habitué aux jeux vidéo, mais qui ne le serait pas en compositions classiques, ce qui a ici été clairement recherché. Quelqu’un n’ayant rien à faire du logiciel, le détestant ou ne le connaissant point, pourra aisément écouter cette bande-son & surtout il l’adorera, pour un tant soit peu qu’il apprécie au moins un des divers styles cités. Alors que généralement, on trouve fantastique telle ou telle O.S.T., sauf qu’en réalité nous avons une relation toute particulière avec le soft concerné, faisant que la partie sonore nous touche, même si on l’écoute en dehors par la suite.
On va se la jouer cliché afin de faire plaisir aux associations anti-metal (mais qu’ont-elles contre la sidérurgie ?) : visuellement, le ton diabolique ressenti dans la B.O. se retrouve totalement. On navigue dans un univers de plus en ténébreux, avec des hordes d’adversaires constituées par des créatures vagabondant typiquement dans ce genre d’endroits, à savoir des gargouilles, des squelettes enflammés, des gobelins, des sorcières… & elles n’ont pas trop, trop l’air de vouloir plaisanter, celles-ci n’étant pas représentées d’une manière grotesque ou rigolote, puisqu’elles officient bel et bien dans un registre de monstres méchants rien que dans leur look.
On relèvera également le choix d’une réalisation véritablement proche de celles 16 bits, plutôt que du pixel art surfant sur la vague « rétro », alors qu’il serait léché & ultra HD, tout en étant censé renvoyer à cette même époque alors que soit il joue dans la case de la finesse du trait vraiment pas dans le ton, soit il nous sort d’énormes faux pixels, sympathiques pour quelques créations, mais qui ne sont pas du tout « à l’ancienne » comme cela est à chaque fois affirmé. Tous les styles peuvent être bons, mais clamer que l’on évolue sur telle voie 8 ou 16 bits alors que ça n’a rien à voir, c’est excessivement énervant.
Empli d’action réflexion & de plateforme teintée d’énigmes, Slain: Back from Hell va ravir les joueuses & les joueurs de divers bords, plus encore celles & ceux cherchant le fils spirituel d’une grande saga, qui depuis qu’elle est en 3D avec des QTE a perdu tout intérêt.
Développeur : Wolfbrew Games
Éditeur : Digerati Distribution & Marketing
Genre : Action plateforme
Supports : PC, PlayStation 4, Xbox One et PS Vita
Dates de sortie : En France, 1/8/16 sur PC, 13/9/16 sur PS4, 5 octobre sur Xbox One et à l’automne sur PS Vita
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