
Vous vous dites probablement que Les Chevaliers de Baphomet 5 : La Malédiction du Serpent est déjà sorti depuis “longtemps” et ce sur plusieurs supports. Mais vous remarquerez vite qu’il s’agit d’une version pour deux consoles de la nouvelle génération, cette critique portant elle sur celle disponible sur PlayStation 4.
Snake it out
Passé par la case financement participatif, bien que s’agissant d’une licence culte comme cela est d’ailleurs de plus en plus le cas, ce cinquième volet portant sur Les Chevaliers de Baphomet (Broken Sword) fut composé de deux épisodes délivrés à quelques mois d’intervalle. Le premier avantage de cette (res)sortie est donc la présence directe des deux en un seul soft, mais stop le blabla place à l’aventure !
Assistant à un vernissage situé à Paris, nos deux compères bien connus Nicole Collard et Georges Stobbart pensaient pouvoir passer un bon moment en ressassant le passé. Mais le présent les rattrape lorsqu’un individu casqué essaie de dérober un tableau, La Malediccion. Henri, commissaire de cette exposition, succombe à une balle tirée par le voleur devenu assassin. A notre duo désormais d’en découvrir davantage sur le pourquoi de cet acte, allant bien au-delà du casse de base, déjà transformé en horreur de par ce crime.

L’aventure c’est l’aventure
Les initiés le savent et n’attendent justement que de retrouver la saveur d’antan connue avec LCDB, tandis que les autres vont la découvrir. Ce retour sur le devant de la scène ayant tout autant signé celui d’un style de gameplay propre à ce qui a fait la base de la licence : le point and click, bien qu’il y ait eu des changements suivant les volets déjà sortis. On le reprécise au cas où, même si le terme a le mérite d’être évocateur : on pointe un objet ou un endroit précis et l’on clique dessus. Que cela soit pour effectuer une interaction menant à la résolution d’une énigme ou afin de déplacer son personnage à travers les décors.
Concernant les énigmes, ces dernières pourront aussi bien s’articuler autour de l’association d’objets, que par la réalisation de puzzles. Le tout reste suffisamment accessible pour qu’un public débutant puisse également se pencher sur La Malédiction du Serpent, ce qui est loin de s’avérer anodin. En effet de nombreux PNC proposent des énigmes capillotractées n’ayant tout bonnement aucun sens et dont la présence et surtout leur résolution semblent totalement à l’ouest. Elles coulent ici largement plus de source et cela fait grandement plaisir. Certains trouveront peut-être qu’elles s’enchainent alors presque trop aisément, mais cela est simplement dû au fait qu’elles sont davantage logiques, voire réalistes et que l’intelligence des joueurs est donc réellement employée. Contrairement à la vaste majorité des point’n click dont la résolution des mystères se base plutôt sur tout et n’importe quoi, faisant que l’on essaie ce que l’on peut sans jamais réfléchir, voire même pour une imposante partie des gamers c’est la direction des solutions trouvées sur Internet qui est rapidement prise.

Excuse my french
On ne peut que regretter la présence de moins en moins nombreuse de jeux ne délivrant pas qu’une version en anglais. Mais Les Chevaliers de Baphomet est une franchise qui a pour réputation de posséder d’excellentes adaptations dans ses divers langages, comprenant les textes bien sûr, mais également les doublages en eux-mêmes. Nécessitant une campagne Kickstarter, on ignorait si les moyens seraient suffisants afin d’obtenir un niveau au moins équivalant à celui des précédents. Rassurez vous immédiatement, le degré de travail est le même et l’on sera donc premièrement content de pouvoir s’y plonger en français, car tout le monde est loin de maitriser l’anglais et il ne faut pas minimiser cette frange de joueurs qui reste la plus large. Ensuite, comme habituellement chez cette licence, il s’agit d’une réelle localisation et non d’une traduction bête et méchante. L’humour et les références sont adaptés et l’on n’aura pas un regard étrange en ne comprenant pas tel trait d’esprit ou encore en ne saisissant pas ce que les développeurs ont voulu réaliser avec tel personnage. On a immédiatement l’impression que tout a été pensé pour les multiples pays touchés par les localisations, en l’occurrence ici la France.
Les joueurs de la première heure de la série devraient prendre beaucoup de plaisir en découvrant l’univers graphique, véritablement affilié aux épisodes qui ont fait son succès il y a un peu moins de 20 ans. On pourrait d’ailleurs affirmer que si les deux premiers avaient eu une progéniture, il s’agirait de ce cinquième. Il leur ressemble avec ce mélange de 2D et de 3D, composé de superbes illustrations connaissant évidemment une certaine évolution avec l’avancée technologique connue depuis. Un style qui a fait des émules, puisque moult point and click s’en sont clairement inspirés.
Précisons que les versions boites sont accompagnées par une bande-dessinée retraçant le prélude du jeu, un cadeau très sympathique donc, ce à quoi il faut ajouter le prix réduit, 29.99€, comparé à la plupart des logiciels de la nouvelle génération sortant en boutiques.

C’est un retour aux sources rafraichissant auquel nous avons droit avec Les Chevaliers de Baphomet 5 : La Malédiction du Serpent, ceci grâce à son système de jeu servant la tenue d’une histoire toujours gorgée d’humour, ce dernier mis encore plus en valeur par le biais de formidables doublages. Un de ces rares logiciels où l’on prend au moins autant de plaisir à suivre le scénario et les dialogues, qu’à y jouer.
Inod
Développeur : Revolution Software
Editeur : Ravenscourt
Genres : Point and Click/Aventure
Supports : PlayStation 4 et Xbox One
Date de sortie : En France, 04 septembre 2015
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