Le premier rêve de l’année, ou Hatsuyume, est un thème qui revient régulièrement dans les mangas et animes et en tant que gros consommateurs de produits japonais on fini souvent pas l’assimiler sans forcément chercher à savoir de quoi il s’agit réellement.
Aujourd’hui je vous propose donc de nous attarder un peu sur cette superstition nippone relativement inconnue dans nos contrées (même si je sais que vous allez être nombreu.se.s à me corriger en commentant « Hey, c’est pas vrai, moi je sais très bien de quoi il s’agit !! ». On va donc dire que cet article est pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, ok ?).

Crédit : Sempuku
Comme je le disais donc le Hatsuyume est le rêve que l’on fait dans la nuit du 1 au 2 janvier, la nuit du 31 décembre au 1er janvier étant généralement blanche. Mais si vous avez pu dormir (et rêver) lors de cette première nuit il n’y a pas de raison pour que ça ne compte pas.
D’après cette tradition ce premier rêve serait une indication du contenu (et surtout de la chance) de l’année à venir du rêveur.
Si vous avez rêvé du Mont Fuji, d’un faucon ou d’une aubergine (voire des trois à la fois) vous êtes un petit veinard et votre année sera placée sous le signe de la chance.
Si en revanche vous avez rêvé de la Seine, d’un pigeon et d’une carotte… Bah, en fait on ne sait pas trop ce que ça veut dire. Peut-être juste que vous rêvez de choses bizarres ?

Crédit : HaruMaru-Shi
L’origine de cette superstition semble remonter à l’époque d’Edo mais reste encore assez floue de nos jours.
Pour certains la bonne augure apportée par ces trois éléments viendrait du fait que le Mont Fuji est la montagne la plus haute du Japon ce qui en fait un truc pour le moins majestueux, le faucon est un oiseau fort et intelligent (maintenant l’est-il vraiment plus qu’un autre piaf ? Ça reste à prouver) et la sonorité du mot aubergine (nasubi ou nasu) était semblable à celle du mot Nasu qui, lui, suggère la réalisation de quelque chose de grand.
Ça vous semble un peu tiré par les cheveux ?
Dans ce cas, pour d’autres, il s’agirait juste des choses qu’aimait particulièrement le shōgun Tokugawa Ieyasu.
Pourquoi pas, après tout.

Crédit : Wakomono
Pourtant il en existe une troisième qui propose qu’il s’agissait à l’origine d’un classement des choses les plus hautes du pays. On y retrouve donc bien le Fuji Yama, suivit du mont AshiTaka dont le nom s’écrit en partie avec le kanji de faucon (愛鷹山 = Ashi Taka Yama. 鷹 = Faucon) et finalement de l’aubergine. L’explication tient dans le fait que « classement des choses hautes » (国の高いもの Kuni no takai mono) peut aussi signifier « classement des choses chères » et qu’à cette époque la variété d’aubergine dont il est question était légèrement hors de prix.
Voilà qui laisse le choix.
Mais finalement quelle que soit la théorie que vous retiendrez la question est surtout : De quoi avez vous rêvé cette nuit ?
En ce qui me concerne il ne s’agit d’aucun des trois mais d’un mélange de coloration pour cheveux, de lave vaisselle et de Patrick Baud.
On va dire que ce n’est pas tout à fait ce que j’espérais mais je ferais avec.

Crédit : tonsonthaiさん
Bonne année !
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