S’il y a quelque chose d’étrange dans votre quartier, qui appelez-vous ? Gate Keepers ! Vous avez toujours rêvé de faire partie d’une escouade luttant contre les phénomènes paranormaux ? Cela tombe bien, puisque c’est exactement ce que propose Tokyo Twilight Ghost Hunters, dans un univers typé manga/anime. Découvrons ce que nous propose ce jeu de rôle qui ne fait pas dans le classique.
Dans la peau d’un étudiant fraîchement arrivé dans sa nouvelle école, vous vous retrouvez confronté à des phénomènes paranormaux qui, sans vous dévoiler le cheminement du pourquoi du comment, vous feront rejoindre les Gate Keepers. Des chasseurs de fantômes, se servant d’un magazine comme couverture, menés par une femme fatale et rapidement composés par vous-même et certains de vos camarades.
Si l’on a l’habitude que NIS America édite des RPG avec de nombreuses scènes de dialogues figées, où l’écran est composé de superbes illustrations représentant les personnages et de textes défilant à leurs côtés, cet aspect se trouve décuplé ici. Tout simplement car nous avons réellement en face de nous un jeu se basant en grande partie sur le système du visual novel. Cela discute donc grandement, en anglais, mais l’interaction est plus grande puisque l’on répondra régulièrement à des questions et nos choix auront des conséquences par rapport à la réaction à venir de notre interlocuteur.
Les dialogues sont agréables car l’on y ressent un humour de bonne facture, qui dans cet univers scolaire nous semble assez proche. Celui-ci ne tombe pas dans le ringard, ni le graveleux, et nous place quelques répliques bien senties, voire même du second degré et ce dès le début de l’aventure. Notamment lorsque vous entrez dans votre classe et que les élèves vous posent des questions personnelles. Ainsi on en apprend sur son propre personnage en choisissant ces données, mais sur un ton léger et non par un débit de caractéristiques que l’on ne retiendrait absolument pas.
Au-delà de la simple réponse textuelle, il s’agira également de réagir par un système émotionnel et sensoriel assez intéressant. Le premier vous proposera de choisir entre cinq émotions parmi l’amitié, la colère, l’anxiété, la tristesse et la moins connue d’entre elles : l’amour. Puis vous devrez sélectionner un sens, soit le goût, l’odorat, l’ouïe, le toucher ou la vue. Il sera aussi envisageable de ne rien déterminer, faisant monter les possibilités à 26 interactions propres, ce qui semble très bien au premier abord. Néanmoins durant ce même premier abord et ce jusqu’à ce que l’on soit rôdé, on manque clairement d’indications par rapport à cette particularité. On tâtonne, on regrette en voyant le résultat, on se dit que finalement on n’utilisera que le goût car la vue de la langue pendante nous laisse imaginer que l’on peut tenter de lécher chaque intervenant… Oui cette feature apporte elle-même de l’humour, surtout lorsque l’on vous reproche d’avoir osé un contact corporel, alors que vous pensiez proposer un coup de main.
Si dans n’importe quel jeu vidéo tenter est plus intéressant que de regarder chaque solution dans un guide prévu à cet effet, en apprendre suffisamment d’entrée est essentiel, afin que l’on ne se dise pas pendant un petit moment que l’on a fait le pire pour l’instant. Comprenant aussi bien la moins bonne combinaison pour tisser des liens, que la moins amusante. Par la suite, on saisit ce que peut signifier telle ou telle alliance et l’on prend alors un malin plaisir à essayer d’atteindre la perfection pour rassembler les divers protagonistes à ses côtés ou bien de les faire bondir à cause de son comportement.
Ces approches vous permettront également d’enquêter sur des traces probablement laissées par des esprits malfamés. Il sera aussi possible d’atteindre le sixième sens, qui généralement dans nos vies permet d’exploser notre cosmos dans le but de faire régner la paix et l’amitié. Dans TTGH cela donnera accès à des informations qu’il aurait été sinon impossible d’obtenir.
Alors que l’on pense être en présence du système de jeu qui nous suivra tout au long de l’aventure, on se retrouve surpris en voyant surgir une autre phase totalement différente. Cette dernière réservée aux combats surprend lorsqu’on la rencontre. Celle-ci se visionne grâce à une sorte de tablette, l’Ouija Pad, servant à guider nos héros à travers des lieux vus de haut, afin de combattre les fantômes. On y retrouve une inspiration du jeu Ghostbusters sur NES. Heureusement, seul ce tableau et par un certain point les déplacements peuvent faire référence à cette cartouche qui est loin d’être mythique pour sa qualité.
Il s’agira d’anticiper les mouvements des ennemis, mais également de poser des pièges. Lorsque vous vous retrouverez, vous et votre opposant, en position pouvant lancer un combat vous passerez à une vue subjective face à celui-ci. Le temps est limité et vous devrez donc travailler vite et bien, car des récompenses seront bien sûr à la clé. Sur ce point on notera le soin apporté à l’immersion, puisque vous devrez éviter de casser quoi que ce soit, sinon vos dépenses pour rembourser les dégâts vous empêcheront de remporter de quoi améliorer votre situation. Un détail véritablement excellent, nous avons tellement l’habitude de pouvoir tout détruire sans aucune conséquence, que l’on fera ici très attention.
Comme dans tout jeu de rôle qui se respecte, on pourra évidemment évoluer, acquérir de nouveaux objets et même faire crafter son matériel par Sengen Moichi, notre collègue des Gate Keepers. Celui-ci gérant le M.I.T. (Moichi Industrial Technical-Laboratory), jolie référence accentuant le côté humoristique du jeu.
Comme l’on a déjà pu l’évoquer, ce dernier bénéficie d’illustrations de grande qualité pour ses personnages évoluant dans des décors à 360 degrés assez originaux. Les héroïnes, héros et diverses rencontres que l’on pourra faire sont magnifiés par le doublage japonais. Les comédiennes et comédiens ont été très bien choisis, les personnages possédant une identité forte que l’on peut saisir dès le premier regard. Il est donc essentiel que la voix corresponde au caractère deviné de visu et c’est ce que chacun réalise ici.
Toujours au niveau sonore, la bande-son s’avère elle aussi de haut niveau avec The Key Project pour l’ensemble du logiciel et Uematsu Nobuo en ce qui concerne son thème d’ouverture.
S’il est de plus en plus compliqué de déterminer quel jeu de rôle acheter, de nombreux logiciels de qualité sortant régulièrement, on peut au moins affirmer pour quelle raison nous aurions envie de nous pencher sur Tokyo Twilight Ghost Hunters. Sans aucun doute il s’agit de l’originalité de son système de jeu et même de ses systèmes. Réagir et enquêter avec ces features, d’un côté l’émotionnelle et de l’autre la sensorielle, ainsi que cette phase avec l’Ouija Pad n’ont pas d’équivalent ailleurs. Le tout bénéficiant d’un très bel enrobage tant visuel que sonore, ainsi que dans son scénario. Voilà peut-être de quoi en faire une série à succès, avec à l’avenir de nouveaux personnages, lieux, ennemis… En tout cas pour une première, voici une franche réussite.
Inod
Développeurs : Arc System Works/Toybox Inc.
Editeur : NIS America
Genre : Jeu de rôle
Supports : PlayStation 3 et PlayStation Vita
Date de sortie : 13 mars 2015 en France
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