Ces dernières années ont permis aux nostalgiques, aux non fermé(e)s d’esprit, ainsi qu’à celles & ceux adorant tout simplement le jeu vidéo, de se régaler avec les SEGA 3D Classics (dont 3D Out Run), des logiciels de la firme gardant leur saveur d’antan, avec tout un tas d’ajouts, dont des effets 3D comme le nom peut l’indiquer. Ceci tout bonnement car ils sont développés pour la 3DS. & si dans un premier temps on les a connus sous des versions dématérialisées, il existe également des packs, dont voici le seul pour le moment disponible en France, SEGA 3D Classics Collection.
Du vieux dans les neuf
Si clairement tout n’est pas à jeter parmi les jeux vidéo du troisième millénaire, on ne peut que reconnaitre qu’ils ont beau être plus nombreux de par un réseau étendu & la simplicité désormais de produire tout & n’importe quoi & même de le vendre via des supports n’existant même pas il y a quelques années, ils sont pourtant peu à pouvoir se targuer d’avoir l’éventualité de devenir cultes, voire de déjà l’être. Pire encore, ils deviennent même vite « dépassés » ou carrément injouables. Ce qui ne touche que les mauvais logiciels des années 80 & 90, alors que les autres possédaient une jouabilité & une attractivité réglées au top dès le lancement (& puis pas de patchs correcteurs pouvant rattraper les erreurs), tout en s’avérant capables de résister à l’épreuve du temps.
Le gameplay en 2D jouant sur ce point, mais la qualité des graphismes aussi, là où l’on repasse très difficilement à un soft en 3D sorti pourtant il y a un ou deux ans. Ne parlons donc même pas de ceux sur 32, 64 ou 128 bits. Pourtant, on se souvient de quelle manière peu classieuse la 2D avait été mise de côté, avec des spécialistes arguant que l’on n’y toucherait plus. Force est de constater qu’ils avaient tort & pas qu’un peu, avec en plus cette tendance de développer des JV stylisés à l’ancienne, bien que cela devienne n’importe quoi puisque tout le monde en fait, sans même songer à ce qui fait réellement l’identité d’un jeu.
Ces qualités propres à la 2D, on les ressent assurément en prenant dans nos mains SEGA 3D Classics Collection, délivrant neuf mythes de SEGA sur Arcade, Master System & Mega Drive : Altered Beast, Fantasy Zone II, Fantasy Zone II: The Tears of Opa-Opa, Galaxy Force II, Maze Walker, Power Drift, Puyo Puyo 2, Sonic The Hedgehog et Thunder Blade.
Maze Walker peut lui légitimement être considéré comme la surprise de cette compilation, même s’il reste symbolique de par son clin d’oeil entre le SegaScope 3-D & la 3DS. On y parcourra des labyrinthes dont il s’agira de s’extirper. Original, avec un game system mêlant ainsi casse-tête & action.
En revanche l’action est totale avec Altered Beast. Il eut été dur de proposer un éventail riche & représentatif sans beat’em all & c’est celui-ci qui a été sélectionné. Pas le moins intéressant d’ailleurs dans le lot de BTA, grâce aux transformations offrant plus de profondeur & de charisme que les autres softs du genre. Aujourd’hui on ne peut vraiment pas le considérer flamboyant, contrairement à ses compagnons ici présents, mais il fait figure d’exemple. Toutefois un bon point de par la possibilité d’y évoluer à deux en local, ce qui faisait déjà son essence lorsque l’on y jouait à l’époque.
Autre symbole de l’époque, le héros le plus piquant du milieu vidéo-ludique : Sonic The Hedgehog. Toujours aussi dynamique, efficace & hyper bien pensé avec ses divers embranchements, la possibilité de tout donner pour réaliser le meilleur temps ou dénicher chaque anneau & chaque bonus… Dur de faire mieux, au-delà d’un classique il serait toujours excellent s’il sortait pour la première fois aujourd’hui.
Niveau jeux de tir à l’horizontal, la compilation fait la part belle à une certaine licence & même plus précisément à l’un de ses épisodes, bien qu’il en résulte deux logiciels, en proposant Fantasy Zone II et Fantasy Zone II: The Tears of Opa-Opa. L’univers complètement barré à la saveur si mignonne, vous demandera pourtant de dégommer tout ce qui bouge.
Les shooters étaient décidément à la mode en ce temps-là & l’on y retrouvait notamment quelques-uns employant la technologie du super scaler, comme c’est le cas pour Galaxy Force II et Thunder Blade. D’un côté du tir dans l’espace dans un vaisseau, de l’autre du plus terrien/aérien à bord d’un hélicoptère. Toujours efficaces, cette doublette réunie qui plus est les deux jeux bénéficiant clairement le plus ou le mieux, selon les cas, des apports de la 3D, ainsi que de certaines spécificités de la machine, comme les vues avec les bornes d’arcades ou la fonction gyroscopique.
D’ailleurs le super scaler est également galvanisé au travers de Power Drift, où là aussi on pilote un véhicule. En l’occurrence un kart, dont la maitrise ne sera pas aisée tout de long de pistes riches en sensations fortes, avec des dénivelés changeant constamment la donne.
On vient d’en aborder une partie, précisons donc ouvertement qu’au-delà du système de jeu classique de chacun, on retrouve de nombreuses options soit uniques à la portable de Nintendo, soit ajustées pour l’occasion. L’une des principales s’avérant évidemment la sauvegarde, une évolution colossale dans le domaine, qui de par son absence a empêché bien des joueuses/eurs de conclure ces titres cultes auparavant. Avec SEGA 3D Classics Collection on bénéficie de cette aide, qui par la même occasion annulera l’excuse du manque de sauvegarde, enfin il restera toujours le motif « la manette est détraquée ». Toutefois, on pourra associer les boutons aux actions de son souhait, ce qui est loin d’être toujours le cas à notre époque, où cela devrait pourtant s’avérer systématique.
Éteins ton bip-bip
Ces jeux sont effectivement cultes, mais il en va de même pour leur bande-son. Là aussi on faisait fort à l’époque, surtout qu’il fallait savoir jongler entre les envies du compositeur, du producteur, de l’éditeur, ainsi que des limites de la cartouche & de la machine, ces dernières semblant désormais dérisoires avec la mémoire que peut contenir une production moderne. SEGA 3D Classics Collection emmène donc avec lui ces musiques si fameuses, particulièrement celles de Sonic évidemment, qu’il est compliqué de ne pas fredonner tout en lançant une partie. Celles moins connues seront rapidement appropriées par votre esprit & vos oreilles, pour au final elles aussi être entonnées tout au long des différentes expériences présentes.
Les graphismes déjà chatoyants, car l’on se trouve tout de même en face de la crème de l’époque ne dépareillant absolument pas aujourd’hui, ont en plus connu une remasterisation en 3D stéréoscopique comme nous avons déjà pu quelque peu l’évoquer. Clairement, sans cet ajout les logiciels étaient déjà impressionnants visuellement parlant, aucun de ceux-ci n’ayant perdu son charme, y compris aux yeux des néophytes à qui nous les avons transmis afin de vérifier que nous parlions objectivement. Cet apport réussi qui plus est, devrait au passage plaire aux personnes déçues de la rare utilisation de cette fonctionnalité dans le catalogue de la console. Précisons, à l’instar de ce que l’on a fait précédemment, que certains softs s’avèrent plus à même de bénéficier de cette particularité.
Notons également que la jaquette a été dessinée par le directeur artistique de Pokémon, Sugimori Ken, & fort heureusement, car l’on redoutait la blague de nous octroyer une illustration spéciale renvoyant aux sorties Master System en Europe.
On peut légitimement affirmer que l’on se doutait par avance que SEGA 3D Classics Collection s’avèrerait une compilation de grande qualité. Les jeux en eux-mêmes étant juste fabuleux pour la plupart & au pire le meilleur dans sa catégorie pour celui que vous savez. Mais surtout, on sait que M2 & SEGA gorgent toujours ces pépites de pléthores de bonus aussi bien classiques, qu’adaptés spécifiquement à la 3DS.
Inod
Développeur : M2
Éditeur : SEGA
Genres : Action, course, plateforme, puzzle & tir
Support : 3DS
Date de sortie : En France, 4/11/16
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