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Lastfight

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Attention, transmutation en journaliste ringard : Si vous viviez dans une grotte située au beau milieu d’une île déserte, sur une autre planète faisant partie d’une galaxie inconnue au sein d’une dimension parallèle, vous n’avez peut-être pas entendu parler de Lastman, la bande-dessinée/le comic book/le manga (rayez les mentions inutiles à vos yeux, bien que cela démontre une grande fermeture d’esprit chez vous & donc d’ignorance, alors que ce ne sont que des mots dans de multiples langues) réalisé(e) par Balek, Bastien Vivès & Michaël Sanlaville, disponible aux Éditions KSTR. Comme pour certaines de leurs influences, les auteurs ont le plaisir de voir leur œuvre devenir transmédia & proposer des phases différentes de son univers grâce au jeu vidéo & une série d’animation. Pour en revenir à ce qui nous intéresse ici, c’est à dire le JV, celui-ci a été transformé en Lastfight & est disponible depuis mai sur PC. Désormais ce sont nos consoles PS4 (version critiquée dans cet article) & Xbox One qui accueillent le phénomène.

Alors on va au baston, au baston

Il s’avère primordial d’être clair d’emblée, surtout si vous avez eu l’occasion de jouer à la version PC ou si vous en avez eu des échos. Celle-ci ayant connu des reproches malsains sur son contenu, alors qu’il s’agit d’une production avec un budget tout autre que ceux de « gros » éditeurs & sorti à moins de 15€, là où l’on nous propose à 70€ des softs non finis, au contenu rachitique & à la fausse durée de vie incroyable (« Cassez tous les poteaux super trop bien cachés pour finir notre jeu à 101% alors que ça n’a rien à voir avec, mais comme ça on peut vous dire qu’il faut au moins 100 heures pour en arriver au bout). Il était en réalité suffisamment riche par rapport à son prix, mais les médias préfèrent taper sur les indépendants plutôt que les grosses boites, afin de ne pas se retrouver placés en dehors des listes pour les envois de kits presse.

Il n’empêche que Piranaking est on ne peut plus beau joueur, puisque le studio a décidé d’apporter de nouveaux modes. Tous s’intégrant à Lastfight via une mise à jour dès sa sortie & ceci sans augmentation à l’achat, ainsi que pour les déjà possesseurs d’une version PC qui bénéficieront gratuitement de cette MAJ. Cela est donc loin de s’avérer une mince innovation.

On y découvre comme ajouts :

– Chacun pour soi, où comme son nom l’indique chaque combattante/combattant se retrouvera seule/seul, en gros le fameux Chacun pour sa peau de la récré, & où il ne pourra en rester qu’un. Le mode qui manquait véritablement jusqu’ici. Assurément conçu pour Adrian Paul.

– Compétition, des points seront à glaner et des niveaux à franchir au fil des batailles.

– Flipper, les attaques ne servent à rien ici, il faudra lancer des boules pour l’emporter. L’expérience en devient encore plus délirante, ce qui colle à l’univers. Cette fois-ci la partie favorite de Corine Charby, mais aussi celle des garçons de la cafét’.

– Infini, une seule jauge d’énergie & un tas d’adversaires se succédant. Une activité annexe faisant partie des classiques du versus fighting, désormais présente dans Lastfight. La manière de jouer préférée du groupe Survivor.

Outre ces suppléments bienvenus, on retrouve la base de la version originelle, à commencer par le segment histoire permettant d’incarner le héros N1 Richard Aldana ou son meilleur pote Duke Diamonds, avec pour mission de démanteler l’organisation notamment à l’origine de l’enlèvement de Tomie, la copine de Richard. S’en suivront une baston entre les deux gaillards afin de se chauffer, puis un tas de rencontres musclées, cette fois-ci face à des personnages bien moins intentionnés.

Les affrontements simples sont évidemment toujours là eux aussi, que ce soit en un contre un ou à deux contre deux en local. Comment faire comprendre aux développeurs que l’on est ravi que le multi soit disponible sur une seule & même console, avec un exemplaire du jeu, des gens dans la même pièce… ? On ne pourra peut-être même pas suffisamment les remercier, tant on en a soupé de tous ces logiciels où pour évoluer à plusieurs, cela se passe uniquement en ligne. Signifiant tout bonnement que dans un futur proche vous n’aurez plus de multijoueur dans votre ludothèque actuelle car les serveurs seront fermés, sans omettre la qualité moindre (ralentissements, bugs, techniques pour tricher fonctionnant uniquement online, déconnexions intempestives non sanctionnées… ), le fait que tout le monde soit loin de posséder Internet & encore moins une connexion correcte pour ce type de pratiques, le coût supplémentaire engendré par l’abonnement des constructeurs pour ouvrir cet accès laissant un tas d’utilisateurs sur le carreau… Alors merci Piranaking de proposer cela, toutes les joueuses & tous les joueurs pourront s’y adonner autant qu’elles & ils le veulent, jusqu’à ce que vous deveniez si riches que vous sortirez un mode en ligne, ainsi qu’un patch bloquant le multi local. Optimisme quand tu nous tiens…

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L
e petit bonhomme en muscle

Au cas où vous ne le sauriez pas encore, malgré une première sortie PC, ainsi que des indices dans le précédent paragraphe, Lastfight est un jeu de combat où l’on peut évoluer en face à face évidemment, mais aussi en coopération par l’affrontement simultané de deux doublettes & désormais même toujours à quatre mais sans la notion d’intégrer une équipe. Le tout dans des décors & avec des combattantes/ants en 3D. Ces dernières/ers possédant comme de bien entendu chacune/un des caractéristiques toutes plus différentes que celles du voisin. Sauf à la rigueur peut-être pour notre duo de choc, Duke & Richard, en quelque sorte les personnages basiques comme l’on en trouve toujours dans les logiciels de combat. Pour les autres, on peut parler de davantage d’originalité, surtout qu’il y a là du méchant vilain qui n’est pas gentil à se mettre sous la dent. Forcément, ce sont toujours les truands qui ont les techniques les plus spectaculaires, ce qui se répercute sur leur popularité devenant généralement plus importante que celle des mecs super sympathiques. En sus, elles auront de quoi contrarier les adversaires qui trouveront toujours une excuse du genre le perso est « abusé ou « cheaté », attendez vous à souvent entendre cela. Alors qu’en échangeant, comme par hasard, le soi-disant plus fort perd face à l’autre. Vous vous demandez comment cela est possible ? Une seule bonne & simple raison : Lastfight dispose d’un système de jeu, ainsi que d’une jouabilité finement ciselés & profonds. Tandis qu’en regardant vaguement un match, surtout si ce dernier est juste du genre bourrinage ou incarné par des gamers encore peu aguerris au soft, on pourrait croire qu’il s’agit d’un brawler hyper simple. C’est d’ailleurs un gage de savoir-faire de transmettre une telle impression, tout en disposant d’un riche game system.

Pourtant, savoir maitriser la faible allonge que l’on accorde à nos petits bonhommes, changeant néanmoins selon les cas, demandera de l’entrainement & permettra d’atteindre un tout autre niveau. En parallèle à ces frappes classiques, le dash & la garde devront être travaillés, puisque que bien gérer ces deux là vous ouvrira les portes de l’esquive & du contre. Cependant, d’autres options s’offrent à vous afin d’essayer de débloquer une situation, comme les offensives spéciales & les transformations. Ces dernières s’avérant le résultat de la prise de produits à l’insu de votre plein gré, mais nous n’en dévoilerons pas davantage afin de ne pas gâcher le scénario.

Outils indispensables au sein de toute cette joyeuse bande se mettant sur la figure : les items de jet ! Selon le lieu (salle d’entrainement, jungle, plage… ), divers objets plus ou moins contondants apparaitront dans l’arène. Cela allant du poste de télévision à tube cathodique avec la bonne vieille antenne de sortie,  au lance-missiles, en passant par de vieux bidons, des fauteuils ou encore des amphores. Tout est bon afin de mettre au sol votre opposant(e) quelques instants grâce à ces « armes » suppléant les classiques de l’attaque à distance, afin de pouvoir s’approcher d’elle ou de lui sans se méfier, en toute tranquillité. Un bon plan également afin de préparer une stratégie pour se servir des pièges propres à un environnement. La plus marquante de ces features étant sans nul doute la tête sur laquelle on appuie en sautant dessus, enclenchant alors un mécanisme projetant des boules de feu par la bouche, nous faisant croire que l’on est en plein dans le jeu Pierre De Sang. On gardera aussi particulièrement à l’esprit l’avion ensablé sur une île. Dès que l’on aperçoit cette mise en scène, on a l’impression que l’épisode d’une très mauvaise série T.V. vient de démarrer & qu’elle mériterait plutôt de rejoindre la case des programmes disparus. Heureusement, on est toujours en plein Lastfight & il s’agira de rester concentré à proximité du réacteur toujours en route de cet avion échoué. On peut ainsi essayer de pousser son ennemi à la faute, tout en devant faire preuve de prudence afin de ne pas se laisser happer par la machine.

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Richard Claydebras

Comment ne pas parler de l’ambiance de Lastfight sans se pencher sur sa bande-son ? D’ailleurs un point par rapport à son cousin Lastman, qui ne bénéficie que du bruit des pages tournées. Ici, on a donc droit évidemment à un sound design plus important, les bourre-pifs & autres joyeusetés étant pleinement retranscrites pour nos esgourdes. Cependant, c’est surtout de ses musiques électros, officiant dans un univers chiptune comme il est coutume de dire, dont on se régale & que l’on a envie de continuer à écouter, même lorsque l’on ne peut pas jouer. Cela est d’ailleurs envisageable puisque le CD contenant dix morceaux de la bande-originale débarque en même temps que le jeu, avec en plus l’accès à la version complète de celle-ci en dématérialisé, que vous pouvez retrouver sur diverses plateformes, dont le Bandcamp de son compositeur 2080. L’univers sonore renvoie directement à certaines références transpirant les années 80 & 90, ce qui sied à celui de la licence et donc du soft. Des menus, aux thèmes des arènes & des protagonistes, on se retrouve marqué par l’ambiance. Toutefois, nous n’en dévoilerons pas davantage, car nous reviendrons très prochainement & dans le détail sur cette bande-originale.

Visuellement, on navigue évidemment au sein d’une touche cartoon, où nos héroïnes & héros voient leur potentiel être ainsi exploités comme il se doit, davantage encore lors des transformations. Là on se lâche & les animations en deviennent de plus en plus démentes. On adore également voir les objets balancés sur nos rivaux éclater progressivement. Surtout lorsqu’un appareil électroménager se fend au fur & à mesure de sa progression vers le 4 hits combo dans la face de notre adversaire. Les effets de feu, de jambes brassant l’air ou encore ceux des impacts nous en mettent plein la vue. La facette B.D./D.A. est ainsi accentuée & donne beaucoup d’énergie aux mouvements. On regrette juste un manque de punch sur certains décors.

En revanche, concernant le fait que le scénario nous offre des artworks agrémentés d’un peu de texte, nous n’avons rien à redire. Les sommes disponibles, puis engrangés par des versus fighting, montés par de colossales équipes, proposant la même chose sur consoles de cette génération, ce n’est pas ici que l’on se plaindra du studio à dimension humaine. Si vous vous plaignez de ne pas avoir un tas de cinématiques, on vous propose carrément de les financer ou alors de payer 70 ronds pour lui aussi. Il faut être réaliste & déjà attendre que les boites censées montrer l’exemple se sortent les doigts de leur porte-monnaie. Et puis ici on a droit à des dialogues & autres gorgés d’humour qui fonctionne, renvoyant aux références là encore des années 80 & 90, en se jouant particulièrement des fictions d’action de l’époque.

Précision importante, si l’on a l’habitude des réductions sur les jeux PC venant juste de sortir, cela s’avère moins courant sur consoles. Et bien justement, Lastfight bénéficie d’une réduction de 10% lors de la semaine de son lancement sur PS4 & Xbox One, déjà qu’il est à un prix très abordable pour un logiciel d’une telle qualité.

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Que peut-on ajouter ? Lasfight est juste l’un des meilleurs divertissements en multijoueur, aussi bien instinctivement grâce à une prise en mains immédiate, ainsi que sur la durée grâce à une profondeur dans son système de jeu lui offrant une dimension progression impressionnante & essentielle. On y découvrira constamment des subtilités, surtout de par l’affrontement avec des joueuses & joueurs avec de multiples approches & des personnages différents. Piranaking en profite pour se la jouer Rocky Balboa, le petit indépendant sortant de nulle part, qui lui reste un passionné & se donne à fond, renversant les grands restés sur leurs acquis & se fourvoyant dans des pratiques infâmes pensant qu’ils peuvent nous prendre de haut & faire ce qu’ils veulent.

Inod

Développeur : Piranaking
Éditeur : Piranaking
Genre : Combat
Supports : PlayStation 4, Xbox One et PC
Dates de sortie : 19/5/16 sur PC & 20/9/16 sur consoles

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