Après vous avoir fait découvrir l’album Hanaemaki (Flower Picture Scroll) de Yamamoto Yoko (chronique à retrouver ici), je désirais prolonger l’expérience tout simplement en m’entretenant avec elle. De quoi en apprendre davantage sur cette artiste et son univers musical.
Inod : Salut Yoko, pour débuter peux-tu te présenter et nous parler également de ton parcours en tant que chanteuse ?
Yamamoto Yoko : Ravie de faire ta connaissance, Inod-san. Je suis très heureuse d’être ici. Je suis une chanteuse japonaise, née à Osaka, où je vis et travaille toujours. J’interprète de la musique pop japonaise, des chansons pour enfants et des morceaux classiques, je fais régulièrement des concerts allant de petits clubs, jusqu’à de grandes salles, principalement autour de la région du Kansai. Ma carrière a démarré par des diffusions à la radio en tant que choriste et puis lorsque j’ai participé à des sessions d’enregistrements à Nashville, en Amérique. Depuis 2004 je suis fréquemment apparue comme chanteuse à la télévision japonaise, tout en chantant dans des lieux culturels comme des sanctuaires et des temples, dont le Mt.Koya.
Inod : Ta musique est un mélange d’influences très variées, peux-tu nous détailler lesquelles et pourquoi ces choix ?
Yoko : Globalement, nous avons utilisé de nombreux instruments traditionnels japonais sur mon premier album Flower Picture Roll, et quelques paroles sont écrites en japonais ancien, comme le langage des fleurs (archaïque, langage poétique dont nous ne nous servons plus dans notre vie quotidienne). Cette combinaison est le pilier du disque, les chansons possèdent donc une profonde, fantastique esthétique “japonaise” et même une portée mythologique s’étendant jusqu’aux temps anciens. Ce n’est pas surprenant, cela sonne profondément nostalgique pour le public japonais en général. Une fois que ces mots archaïques, poétiques sont mis en mélodies, de belles chansons devraient en émerger.
Inod : Désormais nous allons justement évoquer ton album Flower Picture Scroll. Comment s’est déroulé son enregistrement ?
Yoko : Chez Nash Studio Inc. (studio de musique japonais) où j’ai travaillé pendant des années en tant que chanteuse, ils choisissent périodiquement quelques artistes japonais afin de réaliser leurs albums originaux, incluant leur individualité, reflétant leur personnalité et même des expériences personnelles. Dans mon cas, ce fut Flower Picture Roll. Ils étaient très enthousiastes à l’idée de me composer des chansons, avec quelques titres pouvant mettre en valeur les qualités de ma voix, laquelle étant dite douce et soyeuse. Le projet a donc été lancé et est apparu comme un grand défi pour moi, cela m’a menée vers des courants musicaux où je n’étais encore jamais allée avant l’enregistrement de ce CD, dont l’interprétation de chansons d’amour romantiques en incarnant une ange bouddhiste nommée tennyo, quelque chose de similaire aux anges occidentaux ou aux nymphes ! Cependant, mon véritable challenge était de prouver que je n’étais pas une chanteuse pouvant seulement interpréter de douces chansons au caractère bénin. Et ce défi, avec le consentement du producteur, est devenue une épreuve intense, parfois le studio était presque enflammé, avec une série d’explosions émotionnelles, comme s’il était hanté par des démons !
En ce qui concerne les morceaux, “Month Full of Gods” concerne le dixième mois de l’année dans le calendrier traditionnel japonais. Une fois par an, des millions de dieux au Japon abandonnent leurs propres sanctuaires pour se réunir à l’Izumo Taisha, un des plus importants sanctuaires. Huit millions de dieux se rassemblent autour d’un somptueux banquet ! Bien sûr, la chanson est emplie de noms de dieux.
Et j’ai écrit les paroles de “Flower Language”. Je désirais exprimer la beauté des fleurs en train d’éclore dans le cœur d’une femme amoureuse, j’étais gênée de la chanter à mon amour, j’en étais presque à la murmurer à son oreille. Le texte de “Flower Language” part ainsi :
Primrose, I want to confess this longing
Pink, I love you
Daffodil, I’m enchanted staring at your profile
Dogwood, please take my love
I’m madly in love with you
Et celui de “Shooting Star” :
I joined my hands in prayer
My hands shaped a flower bud
I miss you dear lover
The shooting star’s gone
Before I could finish a prayer
The owl in the forest was watching me
Hearing my secret whisper
I love you
Inod : Tous les titres sont en anglais, mais tu chantes en japonais. Pourquoi ce choix ?
Yoko : Comme tu le sais, les titres originaux sont tous en japonais. Si tu désires exprimer des émotions nippones typiques ou une sensibilité unique au Japon, notre langue est, après tout, le meilleur outil. Cela mis à part, chanter en anglais serait une meilleure idée si tu souhaitais être entendu par une audience internationale. Quoi qu’il en soit, j’ai envie d’essayer de chanter en anglais très bientôt !
Inod : Peut-être chanter en français un jour ? Je suis ici pour traduire si besoin !
Yoko : J’adorerais tenter de chanter en français un jour ! Interpréter de typiques et uniques morceaux japonais en français devrait être intéressant !
Inod : Que désires-tu transmettre au public au travers de ton album ? Peut-être un message à partager avec ?
Yoko : Le Japon peut être un petit pays comparé à bien d’autres, mais il y a beaucoup de jolis endroits, ceux-ci possèdent tous leur propre histoire particulière, de très intéressantes histoires. Je suis plus qu’heureuse si Flower Picture Scroll vous permet de ressentir l’histoire japonaise, sa culture unique et la manière dont j’y adhère chèrement. Nous les japonais avons fondé notre sensibilité au travers de l’amour de la lune, craignant les dieux, ressentant la présence d’esprits dans la nature, allant continuellement d’une saison à une autre dans un cercle sans fin de quatre saisons, que nous admirons en tant que beauté de la nature. Néanmoins, la musique en elle-même n’a pas de frontières. Je souhaite simplement que mes chansons puissent plaire aux oreilles des français !
Inod : Travailles-tu actuellement sur un nouveau CD ?
Yoko : Je travaille sur mon second album depuis quelques temps désormais. Il sonnera très différemment de Flower Picture Scroll. Mais une fois encore, celui-ci sera gorgé de typiques, uniques chansons japonaises, dans des courants traditionnels et contemporains. Et quelques pistes anglaises devraient faire leur apparition. Pas de françaises pour cette fois, malheureusement.
Inod : Des concerts prévus également ?
Yoko : Le concert le plus proche est prévu pour cet automne. Seulement au Japon, malheureusement ! J’adorerais jouer en France un jour !
Inod : Merci Yoko pour cette interview, souhaites-tu ajouter quelque chose à propos de toi, ton album ou peut-être un message pour nos lectrices et lecteurs ?
Yoko : Merci énormément de m’avoir offert cette opportunité. Je suis tellement heureuse d’apprendre que des gens en France s’intéressent à mes chansons.J’ai entendu dire qu’il y a énormément de fans d’anime japonais en France, j’espère qu’il se passera la même chose concernant la musique. Je m’intéresse également à la culture française et j’adorerais en apprendre davantage sur ton pays dès à présent ! J’aimerais le visiter et vous voir très bientôt.
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