Outlaw Players : plus qu’un jeu, une nouvelle vie !
C’est lors de la Japan Expo 2016 que nous avons eu la chance de rencontrer le nouveau talent Français, SHONEN un auteur tellement bourré de talent, que même Hiro Mashima, l’auteur de Fairy Tail lui-même, a souhaité lire Outlaw Players au plus vite! Voici l’interview complète:
- Shonen, je te laisse te présenter, qui es-tu et que fais-tu dans la vie?
Je suis auteur de manga, de création française à temps plein.
- Es-tu un joueur de jeux vidéo, pincipalement de MMO?
Oui, j’ai un passif de joueur: RPG, jeux d’action, et autres FPS, je touche un peu à tout sauf aux jeux de stratégie. En ce moment je joue à tout ce qui est jeux de guerre en général. J’ai une certaine passion pour les armes à feu. (rires)
- As-tu déjà essayé l’oculus rift? Et penses-tu qu’un jour on puisse vraiment s’y perdre, vivre dans un monde virtuel?
Je n’ai pas vraiment eu le temps de visiter, ni de faire un tour pour tester les différentes activités, je suis surtout venu ici pour le lectorat, discuter, les dédicaces.
Pour le monde virtuel, pourquoi pas? On arrive déjà à détecter des signaux que peuvent émettre notre cerveau, pourquoi pas le contrôler, créer un support ou un hardware qui nous permettrait de nous présenter un monde sous la forme d’un rêve contrôlé. On nous soumettrait des informations de manière inconsciente, gérées par une source extérieure. Je pense que ça serait possible, d’autant plus qu’on arrive déjà à décrypter les signaux, le fonctionnement du cerveau, c’est juste qu’on n’a pas la technologie actuellement pour l’exploiter. Ça prendra des années, mais je pense qu’on n’est pas si loin que ça.
- Toi qui aimes les jeux de guerre, tu n’as pas peur qu’une partie de la population confonde réalité et virtuel?
On pourrait s’en servir comme simulation d’entrainement, s’entrainer à la guerre, sans faire la guerre.
- Tes influences manga? D’où est-ce que ton trait tire ses inspirations?
Visuellement parlant, les fans reconnaitront l’influence de Oh Great! (Enfer et Paradis, Air Gear), il y a clairement une inspiration de cet auteur. C’est quelqu’un que j’admire et dont j’aime beaucoup l’esthétisme. Après il y a des artistes comme Akihito Tsukushi (Made in Abyss) pour ses détails, au niveau des environnement, des décors vraiment très fouillés etc. Au niveau poses, du dynamisme, je dirais Shirow Miwa (Joker Game, Kiznaiver) que j’aime beaucoup.
- Comment procèdes-tu pour dessiner ton histoire? Un story-board? Des planches d’essai? On sait qu’au Japon les éditeurs des mangaka influencent grandement les choix des auteurs. Comment ça se passe de ton côté?
J’ai dû m’adapter à la demande de Ki-oon. A la base quand j’ai commencé, je faisais toujours mes planches au fur et à mesure, sous forme de crayonné, ensuite l’encrage, soit quelque chose de relativement classique, mais depuis que je travaille pour Ki-oon, il faut que je leur fasse part de mes idées, comment je vais exploiter le chapitre, de quoi ça va parler, quelles sont les idées qui vont être mises en avant. Ensuite il y aura le scripte et le storyboard, avec tout le classement et la narration, et c’est là justement qu’on va voir le crayonné. Et après validation, je passe à la partie finale, c’est-à-dire l’encrage. Quant à l’influence, Ahmed Agne, président de Ki-oon, m’a fait comprendre qu’il n’était pas scénariste, qu’il n’allait pas m’imposer sa vision, donc je suis libre de ce côté-là, par contre, il n’hésitera pas à me donner son avis d’un point de vue lecteur.
- Que penses-tu de la Japan Expo, les fans de manga viennent-ils facilement te voir?
Il y a toujours beaucoup d’amateurs qui cherchent un modèle pour percer et s’inspirer, les démarches à suivre pour être auteur, quelles études à réaliser pour avoir un certain niveau etc. Je suis autodidacte, alors c’est rassurant pour ces personnes, ça donne de l’espoir mais c’est à double tranchant, puisque du coup ils n’ont pas du tout de repères, et donc je ne peux pas les diriger non plus.
- Ce qui m’emmène à la question suivante: la réception du manga français est encore difficile à mettre en place, comment vois-tu l’avenir de ce support?
Moins difficile qu’il y a quelques années, on a beaucoup souffert d’une certaine discrimination, comme quoi le manga français était du sous-manga, qu’ils tentaient de faire du Japonais sans être Japonais. Mais de l’autre côté, ce sont des réactions normales: nous ne sommes pas Japonais. Ce qui ne veut pas dire que c’est un mal de vouloir s’en rapprocher. Mais aujourd’hui beaucoup d’éditeurs et moi-même, nous intéressons à ce genre de création.
- Le fait que ça soit en sens de lecture japonais, est-ce un choix pour que le public français puisse être à l’aise est passer le préjugé du manga français? Peut-être est-ce pour le singer? Ou pour l’exportation?
Pas particulièrement, puisqu’en tant qu’auteur, on ne pourra pas cacher le fait qu’on soit Français, ça se saurait de toute manière. Ici, c’est plus pour respecter un certain code, je veux dire, le manga est fait pour être du manga. Il existe bien des BD en noir et blanc, mais pour les différencier, dans ce cas-là on va respecter le code, on va le faire dans leur sens de lecture pour marquer la différenciation.
Pour l’exportation, pourquoi pas, mais c’est vrai que ma première série ce n’était pas le cas, je l’avais fait dans le sens de lecture européen, c’était une demande de l’éditeur, puis quand ils se sont rendus compte que c’était une erreur et qu’il voulait faire passer la série pour une série japonaise, ils se sont rattrapés par la suite, en disant que Omega Complex (dessinateur de cette ancienne série) devait être en sens de lecture Japonais. C’est juste un choix de l’éditeur, et question de code.
- En parlant de public, il existe une intro publicitaire pour le manga Outlaw-Players réalisée par un studio japonais (Gonzo), comment sont-ils venus jusqu’à vous? Racontez-nous votre démarche.
C’est nous qui sommes allés vers eux, Ahmed Agne voulait faire quelque chose de différent des autres éditeurs, Ki-oon a toujours des idées novatrices, et justement il voulait quelque chose qui se démarque, que personne n’avait fait dans le paysage du manga Français. Tout du moins pour lui laisser autant de chance qu’une série Japonaise. Parce qu’à la base on ne fait pas ça pour les créations Françaises. Puisqu’il était impossible de nous déplacer au Japon pour leur parler, on est passés par un intermédiaire qui travaille pour Ki-oon, et qui a démarché différents studios. Niveau tarif et qualité, nous nous sommes rabattus sur le studio Gonzo qui paraissait le plus professionnel.
- Y a-t-il un espoir pour avoir un jour une adaptation animée?
C’est ce qu’espèrerait l’éditeur, moi je ne sais pas, je n’ai jamais vraiment été adaptation. En général ce sont des choses que je crains, qui dénaturent le travail , mais de toute façon, les animés, il faut les considérer plus comme des ouvertures, ou plutôt comme des démarches publicitaires. Mais c’était pas mal puisque les gens ont cru que c’était une nouvelle série (tv) qui allait sortir.
- Le monde d’Outlaw Players semble avoir des possibilités infinies, as-tu un nombre en tête de volume pour clôturer cette magnifique histoire? Est-elle prévue longtemps à l’avance?
Je dirais que oui, que ça a même surpris, voire peut-être même fait peur à l’éditeur, puisque forcément, il n’est pas habitué à produire de longues séries françaises. Je lui ai dit que selon la réception du public, si on veut laisser finir ma série, on se retrouverait avec une vingtaine de volumes. Personnellement je n’ai jamais été fan des mangas qui faisaient plus de trente volumes, donc moi-même, si je n’aime pas les séries qui dépassent ce nombre, je ne risque pas de faire pareil.
- Aura-t-on droit à d’autres séries par la suite, voire même pendant, ou peut-être même des spin-off?
Ça dépendra de la réception du public, mais c’est vrai que j’ai toujours des petites idées qui peuvent trainer, je pense que ça sera des histoires un peu à part qui traiteront de personnages en particulier.
- Merci d’avoir pris le temps de répondre aux questions pour toute l’équipe de Yatta Fanzine, bravo pour ton parcours, et bon courage pour la suite.
Merci à vous.
Note du newser: Yeah !! J’ai eu ma magnifique dédicace!
Yatta Fanzine Votre magazine







