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Interview : David Guivant, réalisateur

Pour ce nouvel interview, je suis allé à la rencontre du réalisateur David Guivant, dont le dernier court-métrage en date sillonne actuellement le monde entier de par ses projections. Apprenez en davantage sur ce passionné.

Inod : Salut Dave, on va débuter avec une présentation de toi-même et de ton parcours.

Dave Guivant : Bonjour. Je suis David Guivant, je viens de Nouvelle-Calédonie où je suis artiste et enseignant en Arts Appliqués, avec une formation de Graphic Designer à Singapour et ensuite à Brisbane.

J’avais donc réalisé à l’époque des tradings cards de G.I. Joe, Transformers, XXX, GEN 13, 4 Fantastiques, Starman et Birds of Prey, en espérant travailler un jour pour des studios de cinéma, comic book, animé, manga, jeu de rôle et trading cards.

J’ai toujours été fasciné également par les effets spéciaux, en 2006 j’ai achevé un court-métrage indépendant, une adaptation personnelle de la bande-dessinée L’Invincible Iron Man TV Show, diffusé sur le Net en décembre 2007. Sorti quatre mois avant la version de Jon Favreau, tourné sur les quais de Nouméa et dans une mezzanine.

Ne possédant aucun budget pharaonique ou de matériel professionnel, les cinéastes amateurs voulant captiver l’attention des studios, dans le but de décrocher un emploi dans le milieu cinématographique, font généralement des courts-métrages eux-mêmes. Comme Steven Spielberg avec le court-métrage Firelight à ses débuts, avant de décrocher un poste à Universal Studios pour réaliser un épisode de Columbo.

D’après son complice George Lucas, “Steven pouvait faire voler des avions à hélices qui se déplaçaient plus vite que la vitesse de la lumière comme des vaisseaux.”

Le succès de la saga Star Wars a incité de nombreux fans, dont moi-même, à réaliser leur propre version et à la prolonger par le biais de décors, d’effets spéciaux et de scénarios souvent fort intéressants. J’avais réalisé avec mes amis : George Lucas : Legend of the Force, relatant la rencontre entre 2 légendes du cinéma : Spielberg et Lucas, ainsi que Prime of the Jedi, une suite fictive, tournée à Yaté, Fort Tereka / Nouville, Mont-Coffin, Mont Venus…

Mes projets sont en général des courts-métrages à but non lucratif, réalisés sans aucun budget, mais avec le cœur à l’ouvrage et beaucoup de passion.

Après une incursion dans Star Wars, je passais donc à l’univers Marvélien.

Grâce à Invincible Iron Man et un début de Captain Future / Capitaine Flam, j’ai pu intégrer la Digital Animation & Visual Effects School, à Universal Studios / Orlando.

Durant ma formation j’ai pu participer à 2 projets :
ANTHRO : du réalisateur Aristomenis Tsirbas (Mechwarrior et Battle for Terra).

Star Wars the Solo Adventures : mettant en scène Chewbacca et Han Solo, a gagné le prix du meilleur court-métrage animé au concours de Fan Films à Celebration V, la plus grosse convention de Star Wars de la planète, dont le juge est le fameux George Lucas lui-même.

Suite à cette aventure, j’ai eu l’opportunité d’enseigner le dessin, la peinture ainsi que le logiciel After Effects à l’institut Universitaire Polytechnique de Singapour.

Je viens juste d’achever Captain Future, inspiré des Romans d’Edmond Hamilton, ainsi que du dessin animé japonais culte : Capitaine Flam.

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Inod : Tu viens de l’aborder, ta grosse actualité c’est la réalisation du fan film Captain Future, héros tout d’abord d’histoires publiées dans des magazines Pulps, mais plus connu en France de par son animé japonais sous le nom Capitaine Flam. Tout simplement, pourquoi ce choix ?

Après nos aventures dans une galaxie très lointaine et Marvélienne, mes amis et moi étions aussi intéressés par l’univers des dessins animés japonais, ainsi que les Tokusatsu (Sharivan, Shaider, Gaban, Kamen Rider… ).

Une équipe espagnole avec plus de moyens que nous, avait réalisé un fan film Albator et les italiens Goldorak. Personne d’autre n’avait fait Capitaine Flam.

Au tour des Français de montrer notre savoir-faire.

Inod : Pour le film t’es-tu plus inspiré des écrits d’Edmond Moore Hamilton, de l’animé, des deux, voire même s’agit-il d’une très libre réinterprétation ?

A notre grande surprise, nous avions découvert que Capitaine Flam s’appelait en fait Captain Future et qu’il était adapté librement de romans pulp américains.

La Toei s’était inspirée de Robert Redford pour le visage de Captain Future tout comme Cobra avec Belmondo. Les vaisseaux eux-mêmes sont inspirés par 2001 l’Odyssée de l’Espace, sans oublier Star Wars d’où le costume de Flam similaire aux Stormtroopers.

Je ne pouvais pas adapter Flam sans ignorer le matériel original, or il se trouve que Captain Future possède des looks aussi diversifiés, selon les pays dans lesquels il a été publié.

Mon projet est donc une suite logique qui se déroule 5 ans après les évènements décrits dans les romans ainsi que les dessins animés.

Ma version du Capitaine Flam (Captain Future) est plus proche du roman original, avec un petit clin d’œil au dessin animé japonais de notre enfance. J’ai conservé certaines couleurs pour les costumes. Dans le roman Joan est brune, je l’ai gardée en blonde comme dans le dessin animé. Le vaisseau original, Le Comet, est similaire à celui qui est dans le roman.

J’ai justement pu rencontrer la Toei lors du festival d’Annecy en 2012, où j’ai pu leur montrer quelques séquences de Captain Future. Ils ont trouvé cela très sympa.

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Inod : Raconte-nous l’histoire du film, ce que l’on risque d’y découvrir… tout en gardant du suspens, sinon ça ne servira à rien de le voir.

Pour nous rappeler quelques souvenirs de notre enfance : Du fin fond de l’univers, à des années et des années-lumière de la Terre, veille celui que le gouvernement intersidéral appelle quand il n’est plus capable de trouver une solution à ses problèmes, quand il ne reste plus aucun espoir : Le Capitaine Future !

Il faudra voir le film quand il sortira pour connaitre l’histoire.

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Inod : De quelle manière s’est déroulée son tournage ?

Le tournage s’est déroulé entièrement en Nouvelle-Calédonie en 2008 au Lycée Blaise Pascal, dans une salle d’histoire/géo transformée en plateau de cinéma pour l’occasion.

Beaucoup d’humour et de rigolade, avec un caméscope mini DV et un budget de 750 Euro.

Mon correspondant en France, Pascal Refloc’h webmaster d’un site consacré au Capitaine Flam, est mon consultant sur le projet.

L’acteur Paul Lasserre, qui fut le premier homme à interpréter Tony Stark en live dans le court-métrage Iron Man, troque son armure de vengeur contre celle du Capitaine Flam. Abel Lasserre est également de retour dans le rôle de l’androïde Otho. Frédéric Lasserre, nouveau venu, incarne le Marshall «Starwolf» Ezra, chef de la police intergalactique, croisement entre un Jack Palance et un Lee Van Cleef futuriste. Le Capitaine Flam est aussi entouré par son fils adoptif Ken (Loup Paolo Courdent), sa douce amie Joan Randall (Tehani Jeandot), la Comtesse Cydonia (Valentine Ollivaud), la Princesse Inana (Ophélie Matkovic), ainsi que la reine Thiamat (Nania Turpin).

Nous avons fait la connaissance aussi d’autres personnes, toutes fans de dessins animés japonais, qui sont venues se greffer à notre équipe.

Nous avions voulu le faire façon Tokusatsu, avec un costume et une armure physique qui a bel et bien été fabriquée. Par contre les mouvements sont très limités pour l’acteur.

Pour le tournage nous avons opté pour une combinaison de plongée recouverte de morceaux de feuilles brillantes. Pour la lampe façon Iron Man sur son torse, j’ai pris un tupperware et l’ai collé sur son torse, comme on peut le voir dans la deuxième vidéo sur les trucages. Le costume de Mala a été fait avec du tissu bordeaux, pour la partie cuir notre costumière Marie-Thérèse, qui a l’habitude de faire des costumes pour ses enfants cosplayers, a tout simplement découpé une petite partie de son canapé.

La post-production a été entièrement réalisée en 2D (aucune 3D n’a été utilisée), suivant les traces du réalisateur Kazuaki Kirya (Casshern, Goemon), où le monde réel et le manga se fusionnent entre eux.

Les logiciels Photoshops et After Effects sont utilisés pour les trucages.

Le monde du Captain Future est entièrement composé de textures organiques. Pour en citer quelques unes :

– L’équipe de George Lucas a elle même utilisé des pommes de terre pour les astéroïdes de l’Empire Contre Attaque ! Pourquoi pas nous ?

– La boule de glace vanille sert de planète, les astéroïdes dans un des plans sont en fait des nuggets de poulet.

– L’effet d’hyperespace est obtenu en appliquant un flou radial (zoom) sur des feuilles de salades.

– Moi ami Alain Weihsbach photographie de nombreux insectes et m’a refilé quelques-unes de ses photos, dont les textures composent l’armure de la Princesse Inana.

– Le look final de nos héros intègre divers éléments comme des morceaux de moulinets de pêche, ainsi que des morceaux de caméscopes.

Voilà comment on peut réaliser un mini court-métrage sous forme de teaser, pour un budget dérisoire.

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Inod : Il sera prochainement présenté lors de divers festivals, peux-tu nous annoncer lesquels ?

Ses prochaines projections :

• Salon du Jouet (Basillac)

• Tri-Cities International Fantastic Film 2014 Festival (Washington)

• Gameplay 2014 (Belgique)

• Malta Comicon (2014)

• StarGeek Universe 2 (Lyon)

• Geekopolis (Paris)

Je suis toujours à la recherche d’autres festivals ou conventions qui pourraient projeter mes courts-métrages.

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Inod : Seras-tu sur place durant certains de ces évènements ? On pourra peut-être t’y rencontrer, te poser des questions lors de conférences… ?

J’aimerais promouvoir un échange culturel, en partageant quelques réalisations par des fans de manga en provenance du Pacifique Sud.

Mais malheureusement, je n’ai pas les moyens de voyager aussi fréquemment pour y présenter mes travaux et aussi pour montrer au public qu’on peut réussir à adapter en live des comics et dessins animés cultes avec peu de moyens.

Inod : As-tu d’autres projets en vue, hormis Captain Future ?

Après Capitaine Flam, une adaptation de Module d’Action Secrète Kommando (M.A.S.K.), dessin animé phare des années 80, pour une sortie en 2016.

M.A.S.K. a été réalisé dans l’arrière-boutique du Tiki Pacific, un magasin de vêtements de plage en 2012, juste avant le 21 décembre 2012.

Fort heureusement nous avons tous survécu pour voir le “jour d’après”, Capitaine Flam étant achevé, j’entame la post-production de M.A.S.K. sur le logiciel Nuke. J’ai quitté “l’île la plus proche du paradis” pour rejoindre la métropole de Londres, où je poursuis une formation dans le compositing sur le logiciel Nuke à Escape Studios London.

Vous pourrez d’ailleurs découvrir dans cet interview la toute première scène de M.A.S.K., un matte painting de Vancouver entièrement réalisé avec Photoshop.

En espérant aussi que mes projets serviront de démos réelles, pour postuler dans divers studios d’effets visuels à travers l’Europe.

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Inod : Merci Dave pour cet interview, souhaites-tu ajouter quelque chose à propos de Captain Future et / ou un message pour nos lectrices et lecteurs ?

Voilà pour les news, j’espère les rencontrer un jour pour pouvoir discuter de mes projets artistiques, ainsi que de culture japonaise.

En allant à Londres j’ai justement fait escale à Tokyo, où j’ai pu visiter Akihabara, le Magasin Mandarake, prendre un thé au Gundam Café et ramener un magazine de Captain Future datant des années 70.

Mon séjour était trop court pour visiter les studios Ghibli.

Merci au Yatta Fanzine de m’avoir donné l’opportunité de partager mes passions avec vos lecteurs.

Interview réalisée par Inod – mai 2014 (par e-mail)

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