
Structure mythique du milieu vidéo-ludique sur consoles, KEMCO est ces dernières années devenu un acteur du jeu sur mobiles, là où désormais l’essentiel du marché se passe et d’autres compagnies s’en rendent désormais compte. Néanmoins si l’on n’est pas du tout joueuse ou joueur sur téléphones et tablettes, cela peut frustrer. On est donc curieux quand l’une des applications de la marque, Chronus Arc, débarque par la suite sur 3DS, alors qu’il était déjà disponible sur Android et iOS.
On s’était dit rendez-vous dans 10 ans
Loka, soit vous-même, et votre maître Teth êtes en route vers le Temple Chronus, afin d’y dénicher les fragments essentiels en vue de la mise en place du recul du temps. Un système assez intrigant n’ayant lieu qu’une fois tous les 10 ans. En tant que joueur, vous y saisirez les concepts offerts par cette particularité : sauvegarde du temps, réécriture de celui-ci, annulation d’une erreur passée…
Cependant tout ne se déroule pas comme prévu, un homme du nom de Geppel et sa bande vous encerclent, dans le but très simple de vous quémander les fragments de Chronus. Votre maître tente tant bien que mal de gagner du temps, vous offrant la possibilité de fuir en quête de renfort. Malheureusement, à votre retour Teth et Geppel ne sont plus là.
Ne pouvant rester sans rien faire, vous partez à sa recherche accompagné de votre amie la princesse Sarna.

Chronus Arc, un jeu avec des arcs et puis aussi des épées
Deux phases bien distinctes vous attendent dans cette aventure. D’un côté vous irez parcourir son monde, où des ennemis invisibles sur la carte pourront surgir à tout moment afin de vous faire front. De l’autre, vous trouverez des donjons à explorer, où de nombreux puzzles vous attendent et dont les positions des vilains s’y trouvant seront cette fois-ci révélées sur l’écran du bas.
Afin de les vaincre, on nous propose un genre qui a fait ses preuves et collant au style graphique et d’ambiance du jeu, en l’occurrence le tour par tour. Il sera possible de sélectionner quoi faire parmi les actions d’attaque, de défense, de coups spéciaux, de magie et d’item.
L’une des particularités dans l’évolution des protagonistes, est la possibilité de les équiper de techniques. Celles-ci offrant des améliorations dans tout un tas de domaines, comme par exemple l’augmentation de la force. Mais surtout, elles peuvent être combinées et donc dévoiler d’autres pouvoirs. Il s’avère alors assez excitant de tenter une fusion afin de découvrir ce qu’elle pourra bien donner.
Les classes des personnages sont ce que l’on peut considérer comme la grande force de Chronus Arc dans son système de jeu. Celles-ci pouvant être changées au fil de l’aventure, mais uniquement si vous possédez les objets requis et avez réussi à atteindre un certain niveau. Passer vers une nouvelle classe fera bien sûr retomber votre niveau à 1, toutefois vous ne perdrez pas vos acquis concernant la magie et les compétences. De quoi devenir de plus en plus puissant en évoluant régulièrement de classe en classe.

Smeels like nineties spirit
Afin d’atteindre l’atmosphère rendue par Chronus Arc, Hit-Point et KEMCO ont clairement fait appel aux fragments de Chronus. Ces derniers ont tellement bien fonctionné qu’ils ont aisément permis de remonter 20-25 ans en arrière. Le style graphique est clairement identifiable à cette époque, où le JRPG savait nous conter des histoires fabuleuses et nous plonger dans un game system attrayant et non recourir à des artifices techniques pour tenter de faire oublier une profondeur inexistante. Ici nous retrouvons cette saveur d’antan où l’on nous propose un visuel charmant, mais sans en faire l’axe principal du logiciel. Tout compte et les développeurs le savent.
Evidemment les goûts et les couleurs ça ne se discute pas et avoir en face de soi du véritable pixel ancien et non du pixel art faussement à l’ancienne, ça peut en rebuter certains : ceux pensant que le JV n’est qu’un art graphique et bien souvent même qu’il doit se rapprocher de la réalité. Cela ne venant par ailleurs pas nécessairement des plus jeunes qui n’auraient pas connu les ères 8 et 16 bit. En effet, cela provient bien plus généralement de la part de personnes ayant connu ces générations et ne désirant que de l’évolution visuelle à chaque nouvelle console, tout en faisant table rase du passé. Ce qui comprend pour eux les logiciels à l’essence vieille école sortant maintenant. Quoi qu’il en soit, nous nous apprécions la patte portée sur ce jeu et conseillons donc à chacune et chacun d’au moins en regarder des vidéos, afin de se faire une véritable opinion sur ce point et non de rester fermé.
Concernant la bande-son en revanche, Chronus Arc paie le même manque que ses illustres ainés : la qualité est là, mais on passe tellement de temps à parcourir ce monde que les musiques en deviennent forcément moins marquantes tant on les a entendues. En inclure davantage prendrait toutefois une place bien plus massive, le soft pesant sinon moins de 600 blocs. Et puis cela serait de la triche, cette spécificité sonore colle à l’ambiance. Comme on dit, il a le défaut de ses qualités.

L’avantage avec Chronus Arc, c’est que les passionnés de RPG du début des années 90 jusqu’à environ 1996 s’en délecteront, mais que celles et ceux n’ayant jamais osé tenter d’anciens jeux pourront aisément s’y mettre avec celui-ci. Cela étant dû au fait que des fonctionnalités de son temps ont été ajoutées, facilitant l’intégration des nouveaux joueurs, sans pour autant dénaturer l’aventure des autres.
Inod
Développeur : Hit-Point
Editeur : KEMCO
Genre : Jeu de rôle
Supports : 3DS et 2DS
Date de sortie : 17/12/15
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